1.12.10

FRANCIA LATINA

Francia Latina…Un nouveau continent qui n’est pas né d’une accélération subite de la tectonique des plaques mais bien par quelques coups de spray qui ont brisé de nombreuses barrières…
(Spanish version)

Détails JADE (Pix Thias)

Découvrir de nouveaux artistes, de nouvelles techniques, de nouveaux lieux sont autant d’éléments moteurs qui poussent de nombreux artistes à sauter le pas... passer de l’autre côté de l’Atlantique. 
Nous avons voulu suivre ces expériences. Ce billet sera le premier volet sur ces échanges « graffiti » entre la France et l’Amérique latine. Première étape : la venue de graffeurs sud américains en Europe et pour cela nous nous sommes attachés à JADE (Pérou), KID:GHE, WESR (Pérou), BERNS (Pérou), GERSO (Mexique) y BONKS (Mexique), mais aussi aux français : MORNE, Los Niños de Colores, PAPY (TSF) et KANOS ( ODV).

Face aux difficultés pour les sud américains de voyager en Europe, l’esprit famille du graffiti s’éveille rapidement…Il existe ainsi des associations qui œuvrent pour faciliter ces échanges. Et quoi de plus naturel qu’une association créée par des graffeurs à la suite d’un voyage en Amérique latine.


LOS NINOS DE COLORES

Los Ninos de Colores


« Los Niños de Colores » est né en janvier 2007 à la suite des voyages au Pérou, de ses trois fondateurs : MORNE, ZOMEKA et TWOAREG. MORNE nous présente ainsi l’association :
« On s'est assis autour d'une table, parlé d'une idée folle de tournée graffiti en France pour l'été 2007 et ça nous paraissait évident à tous les trois qu'on devait créer une association qui pourrait faciliter et organiser des projets graffiti entre les deux pays. Avec le temps se sont rajoutés les TSF, qui nous ont sauvé la vie plus d'une fois et ouverts sur le Mexique.
Le nom nous vient du fait que tous les trois animions des ateliers graff avec des enfants et que ZOMEKA et TWOAREG étaient à l'origine partis pour peindre, rénover, et installer une structure de loisirs, dans une école des Andes péruviennes.
On a vraiment décidé de se concentrer sur le Pérou pour deux bonnes raisons: parce qu'en débarquant là-bas, on a halluciné sur l'effervescence de la scène. Ce que l'on a vécu et les gars que l'on a connu, nous ont mis tellement bien. On vivait dans leurs familles, ils nous trainaient partout en permanence, nous ont appris l'espagnol, en fait je crois qu'on se sentait redevable. »

Los Ninos de Colores au Pérou

L’objectif est de « créer une dynamique spontanée de voyages et d'autonomisation des artistes entre les deux pays, voire continents. Ces trois dernières années, on a ouvert tout ça, en recevant des graffeurs argentins, chiliens, mexicains et en tournant en Europe et au Mexique. Et on est satisfait de voir qu'aujourd'hui des gars comme BERNS (DMJC), JADE (DA2C), GERSO (TSF), s'organisent eux mêmes leurs connexions pour voyager en Europe et ailleurs dans le monde. A vrai dire c'était le but, que ces gars se prennent en main et croient en eux en tant qu'artiste."


AIRE graffeur argentin soutenu par Los Ninos de Colores (Pix Tat)

AIRE (Pix tat)

AIRE (Pix Tat)

Pour faciliter ces échanges, les membres de l'association sont organisés comme des « pirates » selon les termes de MORNE : « Dans tout ce joyeux bazar, on est organisé comme des pirates. En tant que président, je monte les tournées et les vidéos. Je m'occupe de la communication et des articles, et je suis en relation avec toutes les institutions officielles avec qui on travaille. ZOMEKA c'est l'arme secrète, la dame de fer, Big Boss de l'ombre terrée dans sa montagne des Alpes, mais c'est vraiment grâce à elle que je fais mon taf, elle a un talent inné pour réaliser tout ce qui est paperasserie, trésorerie, graphisme et webmastering. Sans elle, il n’ y a aucun de nos projets qui aurait vu le jour. TWOAREG de son coté a toujours le recul pour nous corriger quand on s'égare, et il s'occupe de certaines de nos interfaces sociales sur le net, et de tourner des vidéos".

MORNE, nous remet rapidement les pieds sur terre, en rappelant les difficultés pour les sud américains de venir en Europe. « Il faut tout d'abord savoir que pour un péruvien lambda, il est quasi impossible de pouvoir voyager librement dans l'hémisphère nord, tant les dossiers de visa à présenter aux ambassades sont hardcores, les conditions requises sont aux antipodes de la réalité sociale ».
L’association est «alors là, pour toquer aux portes de tous ces gens, organiser les dossiers de visa, chercher des subventions. En gros on bosse avec les ambassades de France à Lima et du Pérou à Paris, et toutes les entités régionales ou européennes qui financent des projets culturels. La majeure partie du temps on réussit à obtenir de petites subventions qui appuient nos projets ».

Mais, ces démarches ne sont pas si simple : MORNE « avoue qu'au début, notre entourage nous décourageait plus qu'autre chose, et mêmes les gars de la bas n'y croyaient qu'à moitié. Pour la première tournée de 2007, on a obtenu les visas le jour précédent le départ de Lima et l’on a tout autofinancé, du billet d’avion aux bombes. On y a cru dur comme fer, et en fait on est devenu, par la force des choses, les représentants des péruviens auprès de toutes ces instances qui malheureusement leur ferment souvent les portes. »

« Los Niños de Colores » a donc facilité la venue de nombreux artistes d’Amérique latine et les a soutenu sur le plan artistique. L’expérience à notamment commencé en 2007, avec entre autre FOG (DMJC). C’est cette expérience qui a le plus a le plus touché MORNE :  « Ce gars a commencé le graffiti tardivement en 2000, à l'âge de 27ans, en revenant vivre au Pérou , après une dizaine d'années passées aux USA, qui s'étaient mal soldées pour lui. Il n'y avait qu'une chance infime que ce gars puissent voyager un jour à nouveau. Dans son cas on peut dire" Graffiti saved my life" (le graffiti à sauvé ma vie). Je n'avais jamais rencontré un mec aussi acharné à peindre tous les jours, et la manière dont nous nous sommes connus, c'était plus un signe du  hasard, c'était trop gros pour être vrai, mais, il n’y a qu'au Pérou ou la terre possède cette force… ».

WRITERS LATINOS
Puis, ce sont JADE (Pérou), WESR (Pérou), BERNS (Pérou), puis GERSO (Mexique) qui sont venus en France.
Pour beaucoup, venir en Europe pour peindre c’était une sorte de rêve.

Lorsqu’il vivait au Pérou, BERNS n’aurait jamais imaginé venir en France. Ses motivations? “MORNE et mes potes du crew qui lorsqu’ils sont revenus de leur voyage en  France m’ont fait regretter de ne pas être allé avec eux ».

BERNS (pix Thias)

BERNS (Pix Thias)

BERNS (Pix Thias)

BERNS et JADE (pix Thias)
Il y a quatre ans, JADE “n’aurai[t] lui aussi jamais imaginé venir à Paris ». Il a reçu le soutien de l’association mais aussi celui d’une marque de vêtement : « Je suis arrivé en France grâce aux efforts et au soutien de l’association « Los Niños de Colores et de la marque Dunkelvolk. L’association nous avait programmé une tournée pour peindre dans environ cinq pays et une exposition à Paris. »
JADE témoigne de cette autonomisation souhaitée par MORNE. Il est en effet revenu plusieurs fois en France et a voyagé dans plusieurs pays en Europe.

JADE (Pix Thias)

JADE (Pix Thias)

JADE (Pix Tat)

JADE (Pix Thias)

JADE (Pix Thias)

C’est aussi le cas de GERSO, qui est venu une première fois en 2009 puis à nouveau cet été : « C’est la seconde fois, que je voyage en France. Ce qui déclencha mon premier voyage, c'est ma rencontre avec MILOUZ et ZOMEKA en 2008, alors que je voyageais dans mon pays. J’ai eu la chance de peindre avec eux. C’est alors que j’ai reçu une invitation pour aller au Festival Le Temps d’une couleur (juillet 2009, Gap) ». La venue de GERSO a elle été en plus soutenue par son université, qui a contribué à ses billets d’avion.

GERSO (Pis Thias)
L’association les aides avec les papiers et les soutient aussi moralement. BERNS raconte ainsi avec humour qu’un an avant son arrivée à Paris, il était déjà entrain de planifier des choses et qu’il appelait MORNE aux aurores.

Pour WESR, l’arrivée en France a été plus simple mais le soutien artistique tout autant présent : « A ce moment-là, j’habitais à Berlin, du coup les possibilités de venir à Paris étaient plus simples. J’avais alors très envie de participer au festival Kosmopolite. En plus, j’avais rencontré MORNE à Lima, du coup j’avais déjà mon premier contact avec la scène graff française. Je savais que lui pouvait me mettre en relation avec les organisateurs de l’événement et je le lui ai tout simplement demandé. Et comme c’est « un loco de mierda » (un fou), ce qui a commencé comme une invitation pour le Kosmopolite, c’est terminé en tour d’Europe. »


WESR (pix Thias)
WESR (Pix Thias)

WESR (Pix WESR)

WESR (Pix WESR)

WESR (Pix WESR)

WESR (Pix WESR)



Détail WESR (Pix Thias)


Pour d’autres encore ce sont par l’intermédiaire d’amis graffeurs qu’ils sont venus. C’est notamment le cas de KID:GHE  et de BONCKS qui est venu avec GERSO, au mois de juillet dernier.


KID:GHE à la Fondation Cartier (Pix KID:GHE)

KID:GHE et KOY HOTE (Pix KID:GHE)


KID:GHE (Pix Thias)

KID:GHE(Pix Thias)


Détails KID:GHE (Pix Thias)

Détails KID:GHE (Pix Thias)


BONCKS (Pix Tat)

BONCKS (Pix Tat)

BONCKS (Pix BONCKS)

FESTIVAL et ROAD TRIP

Ces échanges sont bien loin d’être latents… La venue des writers latinos est synonyme de festival, de road trip, mais aussi de connexions et de découvertes.
Ils font ainsi partis intégrante de la programmation de festival comme Kosmopolite, 100 Contest, Le Temps d’une Couleur, Tag’n’tof…

Ainsi, JADE et BERNS ont participé à la 6ème édition du 100 Contest. WESR se souvient de cette étape lors de leur road trip, où ils étaient revenus sur Paris pour que « JADE et BERNS participent au festival, dans lequel ils sont restés premier. C’était vraiment touchant. »


JADE et BERNS au 100Contest (Pix Tat)

BERNS (Pix Tat)
JADE et BERNS (Pix Tat)

By JADE et BERNS (Pix Thias)

Le festival "Le Temps d’une Couleur" réunit au mois de juillet, à Gap, de nombreux artistes internationaux. Pour GERSO, ce festival « est très important pour [lui], car ce sont les premiers à avoir cru en [lui]. C’est un festival qui prend peu à  peu de l’ampleur, et qui est très prometteur. […] Ce festival est un exemple à suivre."
BERNS se souvient des bons moments : “ça faisait longtemps que je n’avais pas passé un si bon moment : ils m’ont donné un espace pour peindre et juste à côté il y avait une piscine …j’étais un vrai VIP ».
Pour BONCKS, nouveau participant, ce festival fut comme « des vacances rêvées avec plein de graffiti, de la bonne ambiance et surtout la chance de connaître des personnes venant de pays différents », en somme « une expérience incroyable »
BONCKS, HADAR, PITO et KANOS (Pix Bonks)

BONCKS (Pix Boncks)

Mais aussi de façon inattendue comme pour le Festival TAG’N’TOF du PGC dans le cadre du Festival Give me a wall, so I can escape. Venus avec les TSF, GERSO et BONCKS ont partipicipé à l’exposition.

GERSO et BONCKS à l'expo TAG'N'TOF (Pix Syl)

BONCKS au Posca (Pix Syl)

GERSO et BONCKS (Pix Thias)

GERSO (Pix Mouarf)

BONCKS (Pix Mouarf) 

BONCKS (Pix Thias)

BONCKS au Plafond (Pix Syl)
 
GERSO (Pix Thias)
Lors de la performance cellograff du festival, ASTRO et KANOS n’ont pas hésité à donné une touche latina à leur cello en faisant participer GERSO, BONCKS et JADE.
   
JADE (Pix Tat)

<>
BONCKS (Pix Tat)

JADE (Pix Mouarf)

GERSO et KANOS (Pix Tat)
GERSO et KANOS (Pix Mouarf)
GERSO et KANOS (Pix Mouarf)


GERSO et KANOS (Pix Thias)

GERSO et KANOS (Pix Tat)
JADE, ASTRO et BONCKS (Pix Tat)

"Los Ninos de Colores" organise ainsi des Road trip comme celui en 2009 avec JADE, BERNS[DMJC], MORNE [DMJC, Los Niños] et KAYOT [KTM] en 2009.
WESR nous présente cette expérience :"Tout a été organisé par "Los Ninos de Colores", MORNE, ZOMEKA et les TSF. Ils ont organisé un calendrier avec de nombreuses activités : l'exposition de nos toiles et nos illustrations dans un magasin péruvien, el Inti, au début du mois de juin. Puis, nous nous sommes dirigés en voiture à Wiesbaden  pour  participer au  Meeting of styles. Après, nous sommes revenus sur Paris pour que JADE y BERNS participent au festival 100 Contest [..]. Le reste du mois de juin, nous avons peint avec des writers locaux comme TEAM, WIRE, ASTRO, KANOS, MASK, les TSF y avec MORNE. C’est au mois de juillet, que notre voyage a commencé. Premier arrêt, Milan, où nous avons rencontré d’autres graffeurs, APER y FUS. Puis, Lausane, où nous avons peint avec TEOS et SEAN2 […]. Nous sommes allés à Basel, où nous devions rencontrer le grand  DARE TWS. Ce fut une expérience que nous n’oublierons jamais » Puis s’en sont suivi Gap, Marseille, Béziers. Ils sont allés en Espagne. « Nous avons peint en Catalogne avec ARYZ, à Vitoria avec RAGE, KEROS, JACK, DEN et CADE et à Saint Sébastien avec ODIO. » Dernier arrêt au Pays Basque avant de revenir à Paris « fatigué mais satisfait ».

BERNS, DUZA, MORNE (Paris), Pix Los Ninos de Colores (montage ZOMEKA)
BERNS, EAZY, JADE, VISION, KET, WESR (Pix Los Ninos de Colores, Montage ZOMEKA)

JADE, BERNS, WIRE, WESR (Pix Los Ninos de Colores, Montage ZOMEKA)
KAYOT, BERNS, JADE, DAREJ, ADE, WESR à Basel (Pix Los Ninos de Colores, Montage ZOMEKA)
KAYOT, JADE, WESR, BERNS, MORNE à Lausanne (Pix Los Ninos de Colores, Montage ZOMEKA)

KAYOT, JADE, BERNS, ARYZ, WESR à Barcelone (Pix Los Ninos de Colores, montage ZOMEKA)

CONNEXIONS et DECOUVERTES 
« « Partager » c’est quelque chose d’important pour moi. Connaître les personnes qui font ce travail dans la rue, c’est ce que je cherche dans les villes où je peux peindre. ». Pour KID:GHE, ces échanges  sont à la fois l’occasion d’une découverte technique mais aussi humaine.

Une différence de style

TWOAREG TEAM WESR JADE BERNS SUPER (Pix Tat)

BERNS JADE TEAM SUPER JADE  (Pix Tat)

TEAM JADE (Pix Tat)

Détail JADE (Pix Tat)

Pour GERSO le graffiti en Amérique latine est marqué par « leurs racines ». KID:GHE constate que le style en France est très diversifié : « L’influence provient de plusieurs pays. C’est le charme d’une ville cosmopolite. Le pays est ouvert à divers procédés. »
Ce qui a également marqué GERSO c’est le lettrage. Il a été étonné par l’importance qui lui est donné : « Au Mexique, il est quasi impossible d’exposer seulement des lettrages dans une galerie ». Ainsi, lors de son dernier voyage, il a connu ASTRO et KATRE, deux artistes qui ont attiré sont attention, qui sont connus et reconnus par la spécifité de leur lettrage. 

BONCKS et KATRE (pix Boncks)

ASTRO et BONCKS (Pix Tat)


MORNE et JADE (Pix Thias)

MORNE, TAER, SETH, JADE et KATRE (Pix Thias)
Pour BERNS, le plus étonnant, c’est la rapidité à laquelle les prod sont recouvertes : « lorsque tu peints un mur légal, à peine tu as fini qu’un autre writer est déjà entrain de te repasser ".

Tous les graffeurs évoquent une différence de matériel. WESR précise : «  En Europe, il y a de tout et de bonne qualité, contrairement à chez nous. Nous nous sommes habitués à peindre avec ce qu’il y a, les beubs que nous utilisons habituellement  ne peuvent pas être comparées aux Montana. Les peintures pour les murs ne couvrent pas comme les peintures en Europe, mais ça marche et c’est ce qui compte. Si nous n’avons pas de couleur entre le jaune et le vert, nous le créons. Si nous ne pouvons pas utiliser un caps sur une beubs, nous nous adaptons, etc… Le besoin nous mène à créer. C’est ce qui c’est passé en Europe lorsqu’il n’y a avait pas encore de matériel fait spécialement pour le graff. »
Même si la qualité est meilleure en Europe, une certaine authenticité c’est perdue pour MORNE : « Le charme c'est qu'il y a un coté bricolo qui s'est perdu ici, là bas tu mélanges tes bombes pour créer des couleurs ou des spectros ».


WESR en action (Pix Thias)

Ces échanges sur les techniques sont enrichissants dans les deux sens : autant pour les graffeurs européens que pour les latinos. PAPY TSF se souvient avec sourire d’un de ces moments de partage où « GERSO a fait un « Master Class » à dix graffeurs, pour leur apprendre à mélanger les bombes entre elles, qui  s’est terminé en débat avec POETA sur les mérites comparés des techniques de mélange Mexicaines et Argentines ».
Pour KANOS, la « surprise fut grande lorsque l'on a découvert ça!!!! Puis nous avons essayé à notre tour! c'est géant! […] Voila une des magies de la peinture, mis à part l'aventure humaine, le moment où chacun regarde les productions des autres est un échange muet mais tellement enrichissant!!! ».

La découverte d’autres styles et d’autres techniques permet de faire évoluer son œuvre. Pour BERNS, son voyage en France a été d’un effet ”coup de pied au cul” : “ça m’a ouvert les yeux et ma forme de penser non seulement d’un point de vue artistique  mais aussi dans la manière de m’organiser …»
Lors de ses virées en France, JADE constate que son style se renouvelle et que l’on apprend toujours quelque chose de nouveau."Cette évolution est normale lorsque ton esprit connaît de nouveaux horizons”.
Pour BONCKS son voyage a été un “bombardement d’images très nutritifs” qui a lui a donné encore plus envie de travailler et de continuer à faire évoluer son style."

BOCKS (Pix BONCKS)


Crew et connections
Ces échanges sont aussi l’occasion de connaître de nouveaux graffeurs, d’établir de nouvelles connexions et même de faire la connaissance de graffeurs qui appartienent à son propre crew.

C’est le cas des TSF, qui sont présents dans plusieurs pays et notamment en Amérique du Sud. Les TSF font partis de l’association « Los Niños de colores » et sont impliqués depuis le début dans ses divers projets. PAPY des TSF présente cette Famille adoptive qu’est le grafffiti et il s’attache à la récente venue de GERSO, TSF mexicain :
« D'une façon générale, on est très friand de cet espèce de réseau informel que forme le graffiti dans le monde. Je ne connais pas d'autres pratiques (artistique ou autre) qui réunis les gens aussi simplement juste sur une idée de: " je fais du graff, tu fais du graff, on c'est parlé 3 fois sur MSN, vas y viens à la maison j'te loge on fait des murs..."
C'est un peu ce qu'il s'est passé avec les TSF du Mexique, via le net on se rend compte que "on fait du graff/vous faites du graff, on pose TSF/vous posez TSF, mortel" faut qu'on se rencontre. Quelques mois après GERSO nous prévenait qu'il avait trouvé un financement pour un billet d'avion et qu'il débarquait 15 jours à la maison. L'hiver d'après MILOUZ et ZOMEKA partaient au Mexique et cet été GERSO est revenu plus longtemps et avec l'ami BONCKS. Du coup ces rencontres (et d'autres) agrandissent la "famille", ils logent chez nous, on loge chez eux, on les fait profiter de notre réseau pour qu'ils voient un max de spots et qu'ils peignent avec un max de gens (merci les ODV de les avoir pris en charge). On essaie de les mettre bien et de faire en sorte qu'ils gardent une bonne image de la France ».


WESR, PAPY, BERNS, KOTEK et JADE (Pix WESR)




PAPY, MORNE, KOTEK, WESR et JADE (Paris), Pix Thias

Détails (Pix Tat)

Détails (Pix Tat)

Détails (Pix Tat)

JADE et MORNE (Pix Tat)

Témoin de la connexion des ODV avec GERSO et BONCKS cet été lors du festival TAG’n’TOF, nous avons demandé à un membre des ODV de nous parler de cette expérience. KANOS se souviens de cette rencontre : « J'ai rencontré GERSO et BONCKS à l'expo des PGC au debut de l'été 2010. Nous avons un peu échangé car nous avions des connaissances en commun: JADE et WESR qui eux sont péruviens. Puis, nous sommes partis ensemble pendant dix jours à Gap au festival "Le Temps d'une couleur" organisé par Zomeka & le Lap. Nous avons donc eu le temps de mieux se connaitre et de partager de grandes peintures. Nous avons passé 10 jours à délirer et à échanger dans un fourre tout de toutes les langues: espagnol, anglais, français et même un peu d'allemand (avec WESR qui vit à Berlin). Puis après le festival nous sommes tous retournés sur Paris et les peintures ont continué jusqu'à leur départ. Depuis nous ne cessons de communiquer via le web en espérant se revoir au plus vite!!!!

GERSO et JADE en action (Pix Tat)

ASTRO, BONCKS, GERSO, JADE, REV, KANOS et LEIDYLEI (Pix Mouarf)


ASTRO, BONCKS, GERSO, JADE, REV, KANOS et LEIDYLEI (Pix Mouarf)


ASTRO, BONCKS, GERSO, JADE, REV, KANOS et LEIDYLEI (Pix Tat)


LIZA, BONCKS, ESTY, KANOS, GERSO et ASTRO (Pix Thias)

Ces rencontres ont même crées de nouveaux crew : « los Cabrones Crew ». GERSO explique le sens figuré de cette expression « « cabrones » est utilisé pour dire tu es une bonne personne, que tu es doué ». « Du fait de répéter constamment « cabron », REV a lancé le « cabrones crew ». et c’est de cette blague qu’est né le crew, qui comprend entre autres les ODV, GERSO, BONCKS…
Un rencontre très forte en émotion pour GERSO et BONCKS, qui considère les ODV « comme une famille » et qui prévoit même des prod futures, mais pas en France  cette fois ci. Il espère ainsi qu’un jour, ils pourront organiser de grandes prods dans son pays avec « sus hermanos », ASTRO, KANOS, REV, MORNE, ESTY…".

Ce sera alors le tour des graffeurs français de passer de l’autre côté de l’Atlantique…D’autres l’ont déjà fait, mais cela nous le verrons dans un prochain chapitre.
Nous finirons ce billet sur les mots de JADE ; « J’ai toujours pensé que le monde devait être un seul, sans barrière de langues, sans frontière…Francia Latina est juste entrain de commencer… »
                                                                                                                               ….To be Continued…

Billet Syl, Pix Tat, Mouarf, Thias et les graffeurs cités.
Merci à Thias pour ses conseils.
Merci à BERNS, JADE, KID:GHE, WESR, BONCKS, GERSO, MORNE, KANOS et PAPY.

Le site de Los Ninos de Colores
Le fotolog de MORNE
Le flickr de JADE
Le fotolog de BERNS
Le fotolog de WESR
Le flickr de KID:GHE
Le site des TSF
Le site du Cellograff
Le fotolog de KANOS

4 commentaires:

Thias a dit…

voilà un bon sujet
trop rarement abordé dans les media graff
super riche les échanges

Anonyme a dit…

Excellent sujet! et très détaillé, travail de fourmi. Bravo Syl!
Mouarf!

Anonyme a dit…

les échanges,il y a que ça de vrai.
ça envoie de la terrine ce que fais jade!!!

SAÏR...VTP.777...

le mononoké a dit…

j'ai appris beaucoup de chose avec cet article, moi qui aime bien ce que fait JADE, je suis comblé!, merci pour tout ce travail de fourmi :)