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26.1.10

LUDO, jardinier urbain (NATURE'S REVENGE)

Paris a ses parcs boisés, ses ronds points fleuries et ses balcons en jachère. Mais un jardinier pas comme les autres y sème également sa graine, au gré de ses inspirations...

(pix Thias)

Paris, Rue Sticks 2 (pix Tat)

Un pot de colle comme arrosoir, LUDO aka NATURE'S REVENGE plante des espèces rares dans le terreau fertile des murs de béton décrépit. Engraissés à l'acrylique, ce sont des roses armées, des hibiscus "satellitaires" et des cactus seringue au doigt qui fleurissent aux quatre coins de la ville après son passage...

Cactus (pix Chrixcel)

Flower launcher (pix Tat)

Grappe de crânes (pix Tat)

Gunflowers (pix Thias)

Le PGC profite de l'actualité de LUDO pour relayer de deux manières le travail de cet artiste d'une trentaine d'année : programmé la semaine passée pour un collage au Mur d'Oberkampf, il y a posé une gigantesque wild cherry flower de 8m par 3 et quelque... Le PGC a suivi l'événement dont vous trouverez ici un compte-rendu photo sur le blog du Mur d'Oberkampf.

LUDO au Mur d'Oberkampf
Wild cherry Flower (pix Chrixcel)

En complément, ce billet propose une autre balade, un photo-trip sur certaines pièces de l'artiste croisées au fil de nos vadrouilles ces deux dernières années. D'un coin sombre d'une ruelle à Bastille aux palissades d'un marché londonien...

Sweet mine (pix Thias)

Gunflower (pix Thias)

Grappe de crânes (pix Thias)

Son univers questionne : pourquoi NATURE'S REVENGE ? Pourquoi ces bourgeons en grenade et ces fleurs aux lames acérées ? LUDO se la joue-t-il prémonitoire, prêcheur des temps modernes et annonciateur de l'apocalypse par les plantes ?
Aucun autre message que NATURE'S REVENGE n'est accolé à ses pièces et LUDO n'entend pas porter de messages plus politisés à travers son action. Sa démarche est à lire comme un clin d'oeil, comme un appel au relativisme et à l'humilité : "Des choses nous dépassent (...) et la nature est une de ces choses que nous avons complètement délaissé (...) et qui nous revient maintenant en pleine face" expliquait-il dans une interview accordée à Fatcap il y a un an.

Gunflower (pix Thias)

CCRFlower (pix Thias)

Dionea (pix Chrixcel)

Nymphea (pix Thias)

LUDO travaille le papier, la découpe et la sérigraphie pour créer ses modèles. Il y ajoute - jusqu'au dernier moment après le collage - une acrylique hautement diluée qu'il verse au compte-goutte sur les plantes qui suintent et dégoulinent.
Ses modèles sont variés et évoluent fréquemment. Zoom en quelques photos sur plusieurs séries du projet NATURE'S REVENGE :

Rose

(pix Tat)

(pix Tat)

Sweet mine

(pix Tat)

(pix Thias)

Cactus

(pix Thias)

(pix Chrixcel)

(pix Thias)

Gunflower

(pix Chrixcel)

(pix Thias)

(pix Tat)

Grappe de crânes

(pix Thias)

(pix Chrixcel)

At London (pix Chrixcel)

(pix Thias)

(pix Thias)

(pix Thias)

Détails
(pix 1 & 2 Thias, 3 Tat)

(pix Thias)

(pix Chrixcel)

Dandelion (pissenlit)

(pix Thias)

(pix Thias)

Flower launcher (hibiscus)

(pix Thias)

(pix Thias)

Boombapaver (pavot)

(pix Chrixcel)

Avec STEW (pix Thias)

Dionea (plante carnivore)

(pix Tat)

(pix Chrixcel)

LUDO aime voyager. Il a placé ses collages à Londres, en Italie et dans plusieurs villes françaises. Il se pourrait même qu'une pépinière NATURE'S REVENGE voit le jour à New York prochainement...
Mais c'est dans les quartiers populaires du nord-est de Paris que ce jardinier urbain reste le plus actif. Il y trouve ses murs, il y possède même certains endroits de prédilection...

Quand le nymphéa remplace la mine au même endroit
(Parc de Belleville)


(1 & 2 pix Thias)

LUDO est un touche-à-tout qu décline également la série NATURE'S REVENGE en sculptures ou en objets scotchés qu'il parsème dans la ville (voir son site). Dernièrement, son projet et ses modèles évoluent : après la flore transgénique, c'est une faune de bestioles mutantes qui fait son apparition sur les murs. D'une guêpe-avion équipé de missiles à une mante religieuse aux sabres aiguisés, du moustique géant en aspiro-dard au coleospray, cette fourmi au cul de bombe.
Pour sur, l'invasion NATURE'S REVENGE continue...

(pix Tat)

(pix Thias)

Billet by Thias
Pix by Tat, Chrixcel et Thias
Le site et le flickr de LUDO
LUDO en interview sur Fatcap et chez Vitostreet

4.3.09

DES TETES DE MORT QUI TUENT

La représentation des têtes de mort fait partie intégrante de notre culture, et ce depuis bien longtemps. De nos jours phénomènes et accessoires de mode, autrefois peintes sous forme de vanités ou de memento mori, elles symbolisent bien souvent le caractère mortel de l'être humain. Et quoi de plus approprié qu'un crâne pour signifier la nature éphémère de l'art de rue ? les artistes ne s'y trompent pas, et le déclinent sous toutes ses formes...



La grande faucheuse façon classique côtoie un crâne éclaté et jubilatoire (Pix by Tat) - Artiste ? Tête jaune : Brok (3HC-TNB)

Un petit côté néanderthalien chez Popay

*


Une grappe de crânes par Ludo. La nature prendrait ainsi sa revanche en distillant un vin empoisonné par des pesticides, la couleur verte pouvant être un rappel de maladie. Lire son interview chez Vitostreet (les commentaires développent une polémique intéressante).

Un crâne "glamort" chez Kashink, qui n'est pas sans rappeler que l'amour et la mort sont intimement liés ! Kashink confie d'ailleurs être fascinée par les ex-votos, son site ici.


Scotchant cet étendard un peu criard, collé à la pirate non loin de Beaubourg...non signé.


Une tête coupée aux Frigos par Before Chrome (crew anglais composé de Sweet Toof, Tek 33 et Cyclops, cliquez sur le lien pour voir les vidéos)


Un petit passage du Kollectiv Tod rue des Cascades en novembre 2008 (cf. billet sur Graff à l'Ermitage).



A Bruxelles le long du tram, une sorte de Hulk Vador...



Têtes siamoises dans une station de métro de Bruxelles : mise en scène gore !

Détail fresque de la rue Ordener, où le port d'arme par un enfant sur fond de crânes prend tout son sens...


Dans un terrain en friche à Aubervilliers par le SWC (merci Be+), où le lettrage du crew se fond dans le crâne avec crayon et pinceau.

Ces images soulèvent un paradoxe...car, en dépit de son universalité, on remarque tout de même que chaque tête de mort a son identité propre : on reconnaît la patte de l'artiste qui l'exécute ! Et nous on aime quand les graffeurs crânent sur les murs...

Texte et pix by Cxl sauf signalées