13.9.10

Bienvenue à Doel


(pix Thias)


(pix Thias)

Doel est une petite ville située au nord-ouest de la Belgique, dans une zone de marais asséchés proche de la frontière hollandaise. "Pour s'y rendre, il faut d'abord traverser une sorte de no man's land, un décor de lignes à hautes tensions, de grues, de conteneurs entassés, qui contraste avec l'entrée dans ce village fait de maisons en briques rouges" nous raconte le graffeur belge REAB. Une digue protège les habitations des débordements de l'Escaut et de la houle des gigantesques paquebots de marchandise qui y naviguent vers la Mer du nord. Entres autres caractéristiques, Doel possède aussi sa centrale nucléaire, son clocher de campagne et revendique même l'organisation des Jeux Olympiques de 2018 !


(pix Tat)


(pix Tat)

Mais le plus étonnant dans ce village, ce sont ses rues désertes et ses maisons laissées à l'abandon.
Sur décision de l'autorité flamande, une expropriation massive des Doeliens a débuté en 1999 alors que le bourg comptait encore un millier d'habitants. Ainsi, à terme et malgré l'opposition du comité de soutien "Doel 2020", le village doit être ensevelie sous les eaux pour permettre l'extension du port d'Anvers.
Aujourd'hui, il n'y reste plus que quelques maisons habitées, squattées et résistantes. Une ambiance de village fantôme règne malgré une activité réduite au minimum : deux cafés ouverts pour les touristes, un bus qui fait la navette à vide et quelques voitures de police qui patrouillent...
Dans ce paysage proche de la désolation, ce sont finalement les graffeurs qui ont découvert un nouveau terrain de jeu et su redonner des couleurs aux murs de cette ville abandonnée.


(pix Thias)


(pix Thias)


(pix Mouarf)


(pix Mouarf)


(pix Thias)


(pix Mouarf)


(pix Thias)


(pix Tat)


(pix Mouarf)

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Les maisons, ouvertes aux quatre vents, sont faciles à visiter. Malgré le pillage des habitations, il y restent parfois des meubles, des livres, des jouets... comme si certains départs s'étaient effectués dans l'urgence ou la précipitation.
Les graffeurs se sont majoritairement posés sur les extérieurs des bâtisses, mais quelques uns ont également exploré ces intérieurs, à l'abri des averses et des crachins réguliers dans la région.


(pix Thias)


(pix Tat)


(pix Tat)


(pix Mouarf)


(pix Tat)


(pix Tat)


(pix Mouarf)


(pix Tat)


(pix Thias)


(pix Thias)


(pix Thias)


(pix Mouarf)

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Le writter EYESB se rappelle de sa première venue à Doel fin 2008 : "Il y avait juste des peintures vraiment terribles. Les gens y allaient dans le but de faire une sorte de village expo et le résultat était assez dingue. Des façades dans tous les sens peintes par ROA, RESTO, LEPROS et d'autres... On a vraiment halluciné en arrivant là-bas !"
Si nous ne savons pas qui étaient les premiers graffeurs à peindre à Doel, il est vrai que la présence de ROA, RESTO, SANTOS ou BUE (la clique flamande de Gent) se remarque vite et semble pionnière. Entre lapin, gorille et homme décharné, le village est ainsi un repère pour les amateurs de persos en grands formats.


ROA (pix Mouarf)


ROA (pix Thias)


ROA (pix Thias)


ROA (pix Thias)


ROA (pix Mouarf)


ROA, DEFO (pix Tat)


ROA, SANTOS, RESTO (pix Thias)


RESTO (pix Mouarf)


RESTO (pix Mouarf)


ROA, SANTOS (pix Thias)


RESTO, PEST, RING et ? (pix Thias)


BUE (pix Thias)


PEST (pix Mouarf)


(pix Thias)


(pix Mouarf)


(pix Tat)


(pix Thias)


(pix Thias)


(pix Thias)


(pix Thias)

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Peintes sur des murs de plus petites tailles, les lettres semblent s'être installées plus tard dans la ville. Au fur et à mesure, la réputation de Doel a dépassé Gent et Anvers (les grandes villes les plus proches) et des graffeurs belges comme REAB, EYESB et TARANTINO (collectif Tsunami) y ont fait plusieurs virées, "marqués par ce village coupé de tout, ultra calme, et où les gens nous accueillaient en nous proposant des bières!" (EyesB). Puis des graffeurs hollandais, français, suisses et même russes sont passés par là, attirés par la curiosité de ce "spot" si particulier...


REAB (pix Thias)


REAB (pix Thias)


EYESB (pix Thias)


EYESB (pix Thias)


TARANTINO (pix Thias)


TARANTINO (pix Thias)


EYESB, TARANTINO (pix Thias)


TARANTINO (pix Thias)


DEFO (pix Thias)


KARNO, GOLEM, PRIZE (pix Thias)


(pix Thias)


(pix Tat)


SYES (pix Thias)


LE FAR ? (pix Thias)


Le russe 0331C (pix Thias)


MIZO (pix Thias)

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Le graffeur BEPLUS est un des derniers représentants de la scène française à y avoir peint (peut-être un des premiers aussi ?). Grand habitué des friches et des lieux abandonnés, il a été marqué par ce lieu inhabituel car "le temps ne s'y est pas arrêté, mais est dans un entre-deux vraiment unique ! On a l'impression d'être dans un lieu abandonné, mais dans quelle friche un bus passe ou un bar-restaurant accueille qui veut se restaurer ? On a un peu l'impression de voir l'aiguille de l'horloge progressivement ralentir, en acheminant la ville vers le triste sort qui semble immanquablement l'attendre. C'est un spectacle aussi tragique qu'incroyable."


BEPLUS (pix Tat)


BEPLUS (pix Thias)

Il a marqué au fer rouge son soutien aux derniers des Doeliens : "Il faut de la force et du courage pour résister face aux autorités alors que vous n'êtes plus qu'une poignée à évoluer au milieu de votre environnement pillé, et qu'on fait pression sur vous par divers moyens tel que la destruction des plus belles villas. Leur résistance est tout autant légitime que belle et poignante. Des familles qui sont chez elles depuis des siècles se font exproprier par le bulldozer du système pour des intérêts économiques !" B+


BEPLUS (pix Thias)


BEPLUS (pix Tat)


BEPLUS dans le miroir (pix Thias)

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Malgré l'appui du comité de soutien Doel 2020, le village semble condamné à l'ensevelissement. Avant que les maisons chargées d'histoires et de peintures ne disparaissent sous les eaux, des aficionados du lieu sont revenus peindre ici et en ont gardé un goût amer : "L'atmosphère a bien changée. La police arrête les gens, prend leur empreintes, confisque le matériel, etc. En ayant parlé avec les habitants, on a bien compris ce qui s'était passé... De nombreux tagueurs sont passés visiter et ont flopé les maisons à tel point que le village a vraiment perdu son charme d'expo village. Les habitants ont même effacé pas mal de stores et de murs remplis de signatures. Personnellement, je n'y retournerais plus. C'était vraiment un endroit terrible et je préfère le garder en mémoire comme il était la première fois où j'y suis allé." EyesB
A bon entendeur...

Et pour finir la promenade, une dernière salve de photos prises à Doel pendant l'été.
Tot ziens Doel


(pix Tat)


(pix Tat)


(pix Mouarf)


ROA (pix Thias)


(pix Tat)


(pix Tat)


(pix Tat)


(pix Tat)


(pix Thias)


(pix Thias)


(pix Thias)


(pix Thias)


(pix Tat)


ROA (pix Thias)


RESTO, SANTOS, ROA (pix Thias)


RESTO, SANTOS, ROA + RESTO (pix Thias)


ROA, DEFO (pix Mouarf)


(pix Mouarf)


(pix Thias)


(pix Thias)


(pix Tat)


(pix Thias)


(pix Thias)


TARANTINO (pix Thias)


BOERS (pix Thias)


ROA (pix Thias)


(pix Tat)

Billet by Thias
Pix by Tat, Mouarf et Thias

L'histoire de Doel sur Wikipedia
Le site du comité Doel 2020
Du graffiti à Doel sur Fatcap, All City, Vitostreet, Flickr
Quelques sites d'artistes vus à Doel :
ROA, RESTO, BUE, EYESB, REAB, BEPLUS

11 commentaires:

Soke_fotograff a dit…

Cette ville a l'air vraiment sympa pour s'y promener.
D'après ce que j'ai pu voire dans différents articles, cette ville ne compte seulement une vingtaines d'habitants aujourd'hui contre 1300 il y a 40 ans, il n'y a aucune boutique...

Anonyme a dit…

dingue de voir autant de perso en aussi grand format sa fait envie d'aller y faire un tour c'est sur !
merci d'avoir retranscrit cette ambiance qui aurait changée...dommage

Rh

Anonyme a dit…

ROOOOOOOHHHHHHH LA VACHE!!!!!
THE place to be :) y'a pas à chier vous vous êtes gavés mes salops!! Tout simplement magnifique...autant le lieu que les tofs, que les pièces et les témoignages...RENVERSANT!
Chapeau bas les artistes

Nersa

Syl a dit…

merci pour cette belle promenade dans une ville fantôme où seuls les murs vivent ;-)

urbanhearts a dit…

merci pour cet excellent reportage !
une ville meurt, le street art lui redonne vie en s'appropriant tout l'espace, c'est génial et donne une idée de cque pourrait être une ville "vivante" ouverte à l'expression de poétique urbaine.

passantepensante a dit…

on aurait envie de faire un film de faire parler les habitants et les anciens habitants de suivre l'histoire jusqu'en 2020.
superbe reportage sur l'armée de fantômes vivants ayant remplacé les habitants...C'est beau et un peu triste...
B.

Anonyme a dit…

Etonnant, merci du partage!

Anonyme a dit…

ROA ?
BONOM ?

Anonyme a dit…

Coucou d'OZ, je poste rarement des commentaires.Cette fois-ci, chapeau bas pour avoir trouver un tel spot!!
Encore une fois, le graff donne du pep's lorsque tout semble sombre dans l'oublie...bonne continuation.P.B.R.09

roswitha2paris a dit…

Excellent !
Oui on a sent bien la vie reprendre ses droits dans cette petite bourgade du nord. J'aime çà !
Bravo pour cette balade reportage et les photos !!!

blogcoolstuff@gmail.com a dit…

en guise de complément, un autre reportage, plus axé sur les mots que sur les images, sur Some cool stuff : http://some-cool-stuff.blogspot.com/2011/06/doel-un-portrait.html